Archives expositions collectives 2ème  semestre 2016

Depuis quelques années, plusieurs composantes du travail de Paul Pouvreau entretiennent des relations assez étroites avec le volume et l’architecture. Selon lui : « cet intérêt s’exprime à la fois par la réalisation de photographies conçues comme une scène construite ou architecturée, dans lesquelles se confrontent les données du réel avec des objets rapportés, généralement des emballages. Cette mise en place de signes divers s’active ainsi dans les photographies de relations plurielles créant des zones d’interférences et ambivalentes entre le naturel et le fabriqué, le réel et la fiction, le sujet et l’objet. D’autre part la présentation du travail s’accompagne souvent par l’installation d’architectures sommaires, réalisées avec des cartons servant ainsi de support à la présentation des photographies ou encore seules, comme contre point à la neutralité abstraite du « white cube » ». Chez Édouard Prulhière, diverses manipulations transposent et questionnent également la relation de la peinture au volume et à l’espace. Certaines de ses oeuvres, hybrides, sont nées de « l'accouplement de la peinture et de la sculpture ». En quittant leurs châssis d’origine, ses toiles déformées, déchirées, retournées se sont fixées sur des châssis trop petits pour elles faisant émerger une tridimensionnalité de la peinture ou se sont structurées en véritables sculptures (Volume paintings) voire en Ballots. Depuis 2006, le déploiement de sa pratique se développe au-delà de ce croisement. Dans ses expositions, quand les lieux et les possibilités se présentent, il engage un travail de peinture ou de dessin directement sur les murs de l’espace qui l’accueille. Ce travail est pour lui « directement relié à la question du paysage à travers l’illusion de l’espace que crée la peinture. Dans cette stratification de sens il s’agit d’investir le développement de la peinture et du dessin au sens large de leur réalité contemporaine et de ce qui constitue la fabrication d’une image. »



Paul Pouvreau, Sans titre, 2015-16, 40 x 60 cm © Paul Pouvreau

Paul Pouvreau, Sans titre, 2015-16, 40 x 60 cm © Paul Pouvreau

  Interférences, Paul Pouvreau et Edouard Prulhière
  Les Douches La galerie, Paris

  07.09 - 01.10.2016

Extraits du texte d’Isabelle Tessier, directrice de l’artothèque de Vitré

et commissaire de l’exposition


En partenariat avec l’association Ville Ouvertes, Les Douches la Galerie donne régulièrement carte blanche à une artothèque. Cette année, elle accueille l’artothèque de Vitré dont la collection compte plus de 1200 œuvres réparties dans les domaines de l'estampe, la sculpture, mais surtout de la photographie. Sous la direction d’Isabelle Tessier, l’artothèque présente aux Douches la Galerie une sélection d’oeuvres de Paul Pouvreau et Édouard Prulhière.

Au-delà de leurs diversités, les oeuvres, le plus souvent, photographiques de Paul Pouvreau et picturales d’Édouard Prulhière ont en commun de rendre compte « d’authentiques problématiques de vision » à travers la question du volume et de l’installation mais également de l’« objet » (du quotidien / de la peinture) et de son recyclage plastique et visuel. Dans les Douches la Galerie les oeuvres de Paul Pouvreau et d’Edouard Prulhière, sont pour la première fois exposées ensemble, peuvent se rencontrer et interagir les unes avec les autres grâce à leurs capacités à saisir des informations en dehors de leur territoire et à produire des situations aussi bien réelles qu’imaginaires.

































































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Gilles Aillaud  

Important







Marika Prévosto   


À

sandie hatem

 

  


 jul 1 à 2h10 PM  







Gilles Aillaud, Le silence sans heurt du présent





En coproduction avec les Musées des beaux-arts de Rennes et de Saint-Rémy de Provence, cette rétrospective parrainée par la Fondation d’Entreprise Michelin est la première grande exposition consacrée à l’artiste depuis 10 ans. Une cinquantaine de tableaux provenant de grandes collections publiques et privées seront exposés au FRAC Auvergne.



























































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Exposition du 7 septembre au 1er octobre 2016. Les Douches la Galerie, 5 rue Legouvé – 75010 Paris. Ouverture du mercredi au samedi de 14h à 19h et sur rendez-vous.













Leur recyclage visuel s’agence principalement par rapport à l’espace photographique où insidieusement, « les signes deviennent des choses tandis que les choses deviennent des signes ». Les photographies s’apparentent ainsi à des constructions visuelles dont les formes et le sens s’appréhendent de façon plurielle et instable, comme autant de couches sensibles à la surface des choses. Plus que des surfaces lisses et vérifiables, les photographies proposent au regard une extériorité à parcourir. Revisitant les lieux communs ou ceux des genres, les photographies se laissent traverser par une perspective qui ne s’organise plus seulement au moyen du seul point de fuite mais par l’ensemble du territoire des images.

Chez Édouard Prulhière, la question du recyclage s’élabore à travers la matière et les matériaux mêmes de la peinture : fragments de toiles et de châssis nés d’expérimentations antérieures non-abouties et réinvesties ailleurs. Comme le note Tristan Trémeau : « Prulhière réagit en assumant un désir d’expérimentation, privilégiant l’improvisation, l’informe, l’hybridation et les contrastes de gestes, de formes, de modes de dépôt et d’application de la peinture sur la toile, elle-même manipulée, contournée, renversée pendant le processus de production à la forme des tableaux. Face à ceux-ci, Lamarche-Vadel pressentit « la sonorité renversée de la grande peinture », « dans la décharge, l’abandon, le vomissement, le désastre d’une assemblée de jets et d’écoulements, de maculatures, de souillures et d’abcès qui bavent ». Admirateur et proche de Gérard Gasiorowski, dont Les Tourtes, Les Jus et Les Amalgames des années 70 témoignent d’une même propension à jouer avec virtuosité du chaos et du bas (au sens tant matériel que symbolique), Lamarche-Vadel trouva en Prulhière un héritier de ce désir de se coltiner la dimension organique, basse et informe de la peinture. » 2


  1. Extrait du catalogue de l’exposition collective Entre voisins, Galerie Duchamp, Yvetot et BF15, Lyon, 2000, Collection Petit Format, Éd. Galerie Duchamp, Yvetot.
  2. Tristan Trémeau, Peinture métèque in Parallax-Limbo, Filigranes éditions, 2014.


Interférences, Paul Pouvreau et Edouard Prulhière, Les Douches La galerie, Pari

© ArtCatalyse / Marika Prévosto 2016. Tous droits réservés

Edouard Prulhière, Sans titre, 2005. Peinture sur toile, environ 25 x 18 cm © Edouard Prulhière

Paul Pouvreau et Édouard Prulhière donnent aux éléments qu’ils travaillent une existence propre visant, comme chez le poète Francis Ponge, à atteindre au plus juste la matérialité des objets. Ces objets, qu’ils soient de l’ordre de l’emballage (cartons, sacs) ou du résidu de toiles (de peintures avortées) gardent en eux les spécificités de ce qui les constituent tout en étant investis d’une mise en forme et d’un poids nouvellement acquis. Les photographies de Paul Pouvreau se présentent comme des prototypes de constructions réalisées avec des emballages usagés de produits de consommation du quotidien tel que le carton. Pour lui « le carton est un matériau magique et contradictoire. Il est, à la fois, objet de consommation, éventuellement de luxe, et l’inverse. On le trouve dans l’espace urbain à des niveaux très différents. Par exemple, le carton utilisé par des gens qui se trouvent dans la rue prend, parfois, des formes qui sont, pour moi, éminemment critiques sur l’organisation de la ville. Ces cartons deviennent, parfois, de véritables architectures, étonnantes d’ingéniosité qui coexistent justement avec l’affront des beaux quartiers. » 1  

Edouard Prulhière, Sans titre, 2005. Peinture sur toile, environ 25 x 18 cm © Edouard Prulhière